Strigătul

Pe pagina albă, o bătrână trasează meticulos şi cu grijă, mici linii negre. Formele apar progresiv. Un soare luminos de iarnă se conturează prin fereastră. Lumina intensifică albeaţa foii, accentuând relieful bastonaşelor negre.

azil de bătrâni –
cucuveaua ţipă mai tare
când cade noaptea

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Roselière

Dans la nuit profonde, la barque glisse adroitement le long de la roselière. Çà et là, quelques cris sonores et aigus retentissent sur un ton monocorde, des bruants se rassemblent pour la migration. Le vrombissement de leur vol hésitant s’éloigne peu à peu. Des foulques se reposent sur les berges, cris rauques et éternuement alternent pendant un long moment. Maintenant, la barque s’éloigne des rives et le marais se fait plus sauvage. A faible hauteur, un busard, les ailes en « v » et les pattes pendantes, regagne son dortoir. Les canards sauvages ne sortiront plus de leurs abris, un léger vent de face commence à souffler. Le clapotis de l’eau berce doucement l’embarcation. Couchée à son bord, une jeune femme au teint diaphane s’est assoupie. L’étoile du berger brille de mille feux dans ce ciel de fin d’été. La lune s’est faite discrète, on ne voit que son halo propice à la rêverie. La jeune femme s’est endormie.

théâtre d’ombres –
sur les berges silencieuses
chatoiement de la lune

Nicole Pottier

*

Publié dans la revue « L’Echo de l’étroit chemin »

Couleurs

Dans sa vie, il pleuvait, il ne faisait que pleuvoir. Triste Macondo où l’on purge cent ans de solitude… Un jour, pour s’évader du quotidien et de sa monotonie, il décida de peindre. Il enfila une vieille blouse, rassembla couleurs et pinceaux et barbouilla une palette. Puis il commença à peindre les vitres de la fenêtre.
Comme il rêvait d’immensité, il dessina la mer. Il choisit un bleu profond, le bleu maritime. Un bateau à voile blanche apparut bien vite car le vent soufflait toujours très fort. On ne voyait ni rivage, ni aucune plage de sable fin. Rien qui limitât son imagination. Il voulait dépasser les marges, mais il se heurta au cadre.  Lire la suite

Le cri

Sur la page blanche, une vieille femme dessine de petits traits noirs, avec soin et méticulosité. Au fur et à mesure, des formes apparaissent. Par la fenêtre se profile un clair soleil d’hiver. La lumière aveugle la blancheur de la feuille, accentuant le relief des noirs bâtonnets.

asile de vieillards –
le grand-duc hulule plus fort
lorsque vient le soir

L’enfant est sur le point de naître. Dans la salle d’opération, les murs blanchis à la chaux reflètent les néons incandescents. C’est alors que paraît enfin, diaphane et fripée,  la fille première-née. L’aube dévoile l’éblouissement des corps entremêlés, et découvre à leurs regards émerveillés les premières lueurs du matin. Dehors, il neige.  Lire la suite

Balade nocturne

Je marche dans Paris. Je suis un trajet établi depuis un certain nombre d’années, depuis que je travaille en service de demi-nuit au standard international dans le quartier du Marais.
Il est minuit moins le quart. La rue des Archives est silencieuse, les hauts murs des hôtels particuliers abritent de leurs ombres les quelques passants qui se pressent, tout étonnés de rencontrer âme qui vive à pareille heure. Au bout de quelques mètres je tourne dans la rue Rambuteau, une rue populaire et populeuse. Les néons publicitaires rouges des pizzerias flashent les touristes tous les cinquante mètres. Que ce soit l’été ou l’hiver, il y a toujours du monde. J’avoue que cela me rassure. Je respire plus aisément. J’ai vingt ans et je n’ai pas peur de la vie, mais je dois cependant relever un certain nombre de défis. Arpenter Paris nuit après nuit, tel un promeneur solitaire, en est un. Je regarde les vitrines, sans pour autant faire les boutiques. Rares sont les stores baissés. Les enseignes multicolores éclaboussent la nuit. Pollution lumineuse certes… mais qui s’en soucie quand il faut attirer la clientèle à tout prix ?
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