Rêverie de printemps

grincement des volets
sous mes doigts –
fraîcheur du matin

La nature est en plein épanouissement, les oiseaux multiplient leurs concerts. Le merle, perché sur une des plus hautes branches du bouleau proclame qu’il est le roi de la contrée, son sifflement joyeux se répand en une cascade sonore. C’est la période des amours, la femelle, petite et rondelette, couve. Je la vois souvent passer dans les fraisiers sauvages, disséminés çà et là dans les bordures mal entretenues. Plus loin, je distingue les trilles des mésanges bleues qui ont niché dans la vieille boîte aux lettres abandonnée et le gazouillis en sourdine des fauvettes cachées dans les haies proches. Sa mélancolie me touche et m’entraîne dans une douce rêverie. Soudain, un trait noir et blanc déchire le paysage, la pie bavarde envahit tout l’espace de son jacassement. Sa silhouette élégante se détache sur le vert cru de la pelouse en ce printemps ensoleillé. Quelques baies retiennent vite son attention. Dans ce lieu habituellement déserté par les humains, les volatiles ont élu domicile.
J’ai pris l’habitude de les observer depuis la terrasse où je m’installe dans une chaise-longue aux ressorts fatigués. Elle ploie facilement sous le poids de mon corps, et le parasol au manche rouillé me protège des rayons chauds de ce mois d’avril qui sort vraiment de l’ordinaire. Au milieu de ces concerts d’oiseaux et des fréquents coups de vent ramenant les pollens du bouleau tout proche, j’aspire au repos. Je ferme les yeux. Chaque matin, je m’installe dans un nouveau songe et j’essaie de garder à distance les pensées démoralisantes distillées la veille au soir par la télévision. Je pense à tous ces malades et ces morts que l’on dénombre par écran interposé. Je n’aurais jamais imaginé vivre une guerre, encore moins une pandémie. Tout d’un coup, le monde s’est rétréci.

nouveau crachin
le paysage redevient
aquarelle

Nicole Pottier
Publié dans la revue de l’Echo de l’Etroit Chemin, mai 2021.

Culori

În viaţa lui ploua, nu făcea decât să plouă. Tristul Macondo în care se ispăşea pedeapsa celor o sută de ani de singurătate… Într-o zi, pentru a evada din cotidian şi din monotonia sa, se hotărî să picteze. Îşi puse un halat vechi, adună culori şi pensule şi badijonă o paletă. Apoi începu să picteze geamurile de la ferestre. Lire la suite

Plicul

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