Roselière

Dans la nuit profonde, la barque glisse adroitement le long de la roselière. Çà et là, quelques cris sonores et aigus retentissent sur un ton monocorde, des bruants se rassemblent pour la migration. Le vrombissement de leur vol hésitant s’éloigne peu à peu. Des foulques se reposent sur les berges, cris rauques et éternuement alternent pendant un long moment. Maintenant, la barque s’éloigne des rives et le marais se fait plus sauvage. A faible hauteur, un busard, les ailes en « v » et les pattes pendantes, regagne son dortoir. Les canards sauvages ne sortiront plus de leurs abris, un léger vent de face commence à souffler. Le clapotis de l’eau berce doucement l’embarcation. Couchée à son bord, une jeune femme au teint diaphane s’est assoupie. L’étoile du berger brille de mille feux dans ce ciel de fin d’été. La lune s’est faite discrète, on ne voit que son halo propice à la rêverie. La jeune femme s’est endormie.

théâtre d’ombres –
sur les berges silencieuses
chatoiement de la lune

Nicole Pottier

*

Publié dans la revue « L’Echo de l’étroit chemin »

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chaude nuit d’été – summer night

au soleil couchant
les grenouilles haussent le ton –
chaude nuit d’été

at sunset
frogs sing louder –
summer night

Nicole Pottier

*

Carpe Diem : « Use That Quote »

“There is nothing you can see that is not a Bashoflower;
there is nothing you can think that is not the moon”. Matsuo Basho

on the way home

travelling by train
at night on the way home
in pouring rain
when darkness gets thicker
memories come back again

dans le train de nuit
de retour à la maison
sous une pluie fine
lorsque l’obscurité gagne
les souvenirs me reviennent

Nicole Pottier